Tu l’as, ce projet.
Celui que tu ressors le soir quand la journée t’a épuisé. Celui que tu retournes dans ta tête depuis des mois, parfois des années. Le tour d’Europe à vélo pour référencer les nouvelles low tech. La traversée en voilier pour sensibiliser à la pollution plastique.
Ce vocal que tu t’es envoyé à toi-même un soir tard. Cette note qui dort dans ton téléphone. Ce carnet plein de chiffres, d’itinéraires, de questions restées sans réponse.
Tu l’as. Et il dort dans un tiroir.
On te connaît. On t’a croisé des centaines de fois. Et à chaque fois, c’est la même chose : quelque chose brûle en toi, mais ça ne sort pas.
On t’écrit parce qu’on pense que c’est le moment de changer ça. 🙌
Et pendant ce temps, dehors, ça bouge. Pas toujours dans le bon sens, on ne va pas faire semblant. Le contexte est compliqué, les certitudes s’effritent. Et le monde continue de demander aux gens d’être raisonnables, prudents, de rentrer dans le rang. Pendant que le rang lui-même ne sait plus très bien où il va.
« Attends des jours meilleurs. » Comme si les jours meilleurs allaient arriver tout seuls.
Dans un monde qui n’attend pas. Où les urgences s’accumulent. Où il faut quand même faire le dos rond.
Alors le projet attend. Le vélo reste dans le garage. Les chaussures de rando au fond du placard. Et quelque part dans ta tête, une petite voix commence à douter.
C’est ça, le piège. Ce n’est jamais le bon moment. Et pourtant, ceux qui ont osé ne l’ont pas attendu non plus, ce bon moment.
Demain, on te parle du nerf de la guerre.

COPYRIGHT 2022 / IMAGO